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Alain Altinoglu

Entretien Alain Altinoglu

La Monnaie - Entretien Alain Altinoglu

Hector Berlioz was zowat de meest progressieve, originele en gedurfde orkestrator van zijn tijd, expressief in zijn harmonie, zoekend naar structurele eenheid via een soort leidmotief, zijn ‘idée fixe’… Al deze vernieuwingen, waarvan latere generaties gretig gebruik zou maken, vinden we zowel in Harold en Italie, een symfonie met altviool als soloinstrument, gebaseerd op Lord Byrons literaire werk, als in de Symphonie fantastique, een autobiografisch werk waarin de componist tot waanzin gedreven wordt door zijn liefdespassie. Een gesprek met de dirigent Alain Altinoglu over de pionier onder de grote negentiende-eeuwse muzikale hervormers en zijn baanbrekende positie in de Franse muziekgeschiedenis.

Pour le dernier concert de cette saison à la Monnaie, vous consacrez un programme entier à Hector Berlioz ? Qu’est-ce qui vous passionne autant chez ce compositeur ?

Berlioz est une personnalité des plus fascinantes. À ses yeux, Christoph Willibald Gluck – l’homme de « l’opéra réformé » – était l’exemple à suivre. Dans son style, Berlioz a intégré les innovations de Gluck touchant la conception dramatique, la direction orchestrale et la composition, faisant ainsi figure de grand novateur de son temps. Il a orchestré différemment, composé autrement et rassemblé diverses influences en une vision globale de la musique en général. Compositeur français par excellence, il ne s’en est pas moins intéressé à ce qui se passait audelà des frontières, manifestant par exemple une profonde admiration pour Beethoven. Ayant beaucoup voyagé à travers l’Europe, il se présente ainsi comme un Européen avant la lettre. Son oeuvre n’a pas seulement une fonction charnière dans l’histoire de la musique, elle a aussi influencé des générations de musiciens après lui.

Sa musique a-t-elle réellement été si révolutionnaire ?

Sa musique est tellement atypique que vous pouvez difficilement la marquer d’un autre sceau. Quelques exemples ? Sa musique est atypique en ce qu’elle s’écarte des formes normatives de la phrase classique, telle qu’elle se fait entendre chez Haydn ou Mozart, où elle est symétriquement constituée de cellules de quatre ou huit mesures. L’écriture de Berlioz, par contre, est asymétrique : ses structures sont basées sur des entités de cinq, sept ou trois mesures. Il se laisse porter par l’élan dramatique du moment davantage que par une forme musicale autonome. Sa dramaturgie s’oriente bien plutôt vers la rupture que vers la construction d’une structure symétrique stable. Il se livre à des expériences d’orchestration, apparie des instruments qui ne le sont pas traditionnellement (comme le piccolo et les pizzicati des cordes), il fait même fabriquer des instruments à son usage (comme l'octobasse, un instrument à voir à la Monnaie). Son vocabulaire musical et sa manière de passer d’une harmonie à l’autre sont également très personnels. Avec ces innovations, il a bravé les habitudes de l’époque et créé une nouvelle forme de pensée musicale.

Et pourtant sa musique est souvent respectée plutôt que prisée. Comment cela se fait-il ?

J’avoue avoir commis la même erreur : il m’a fallu un certain temps avant d’être conquis par la musique de Berlioz, avant de reconnaître que ses particularités allaient bien au-delà de simples excentricités. Ce n’est qu’après avoir sondé plus à fond son univers de pensée que je me suis mis à l’apprécier. Berlioz n’est pas un compositeur accessible de prime abord : vous devez vous immerger dans son monde, découvrir son mode de fonctionnement avant de pouvoir aimer sa musique.

D’où vient la force de sa musique ? De la dramaturgie ? De l’harmonie ? De l’orchestration ?

De tout cela, mais aussi de la façon dont cela se développe. Berlioz guide l’auditeur à travers une construction musicale souvent longue, et lui fait faire un voyage dans un monde riche en imagination. Lorsque je dirige Harold en Italie, toutes les histoires et anecdotes que Berlioz a rassemblées dans ses Mémoires et autres écrits hantent mon esprit. La force imaginaire de son oeuvre est très puissante.

Deux oeuvres hybrides figurent à votre programme : une symphonie qui ne répond pas vraiment aux principes classiques du genre, et un concerto qui n’en serait pas un selon son commanditaire, Nicolò Paganini…

Eh oui, voilà bien Berlioz : il n’a composé que peu d’oeuvres conformes aux critères classiques. Au demeurant, ses opéras eux non plus ne suivent pas toujours le livret, la preuve dans La Damnation de Faust. Les Troyens satisfait certes aux critères, mais l’oeuvre dépasse de loin la longueur habituelle… Harold en Italie relève davantage de la symphonie que du concerto. Paganini avait pourtant chargé Berlioz de lui écrire un concerto, mais d’entrée de jeu celui-ci avait caressé l’idée d’intégrer le soliste dans l’orchestre, ce qui l’avait rapproché de la symphonie. Lorsque Paganini se vit présenter les premières esquisses, il fut irrité par le peu de solos qui lui étaient dévolus et rejeta l’ouvrage… une décision qu’il allait regretter plus tard, alors que l’oeuvre se taillait un franc succès… Au programme de ce concert figurent en fait deux symphonies, mais de forme différente.

Quel est alors le lien entre ces oeuvres ?

Il y a de nombreux parallèles entre la Symphonie fantastique et Harold en Italie : à deux reprises le compositeur décrit un voyage romantique – le premier dans l’imaginaire et le deuxième dans les Abruzzes –, tous deux étant construits autour d’une « idée fixe », une sorte de leitmotiv qui se révèle ici et là être comme un fil conducteur, et tous deux structurés par une idée extra-musicale…

À quoi un chef d’orchestre doit-il veiller aujourd’hui lorsqu’il dirige Berlioz ? À la couleur orchestrale, typiquement française ?

Je ne crois pas que vous devriez chercher chez Berlioz la palette typiquement française d’un Debussy ou d’un Ravel. À l’époque de Berlioz, elle ne s’est pas encore tellement affirmée. La difficulté réside ici bien plutôt dans le style, dans le phrasé, dans la prosodie et l’élégance. Prenez par exemple Un Bal, la deuxième partie dans la Symphonie fantastique : vous pouvez l’interpréter comme une valse viennoise, mais aussi lui conférer des accents plus populaires ou plus légers… Ce sont là des questions nettement plus importantes à mes yeux que, par exemple, la palette de son oeuvre. Je ne trouve pas qu’il faille être Français pour pouvoir interpréter la musique de Berlioz, mais j’imagine que cela doit être en effet plus facile si vous avez été formé dans la tradition de ses héritiers musicaux. En ce sens, je me réjouis de pouvoir à nouveau collaborer avec l’Orchestre de la Monnaie, car je sais que nous parlons là un même langage musical.

Propos recueillis par Reinder Pols

article - 2.6.2014

 

Alain Altinoglu
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