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Sophie Karthäuser

Entretien S. Karthäuser

La Monnaie - Entretien S. Karthäuser

Revoici la jeune chanteuse belge sur le plateau de la Monnaie. Elle y donne un récital très original qui a pour fil rouge l’oeuvre et l’esprit du poète français Paul Verlaine qui vécut à Bruxelles l’un des épisodes les plus tragiques puisque ce fut dans une chambre de la rue des Brasseurs qu’il tira à deux reprises sur son amant, le génial Arthur Rimbaud en juillet 1873. Sophie Karthäuser associe des oeuvres de Gabriel Fauré et Reynaldo Hahn à des mélodies des compositeurs contemporains chers à la Monnaie, Benoît Mernier et Bernard Foccroulle, lequel lui permit de débuter une carrière aujourd’hui exemplaire grâce à de premiers engagements sur notre scène il y a quelques années.

S’il vous plaît, parlez-nous du programme du récital que vous donnerez le 16 janvier 2012 à la Monnaie. D’où vient ce choix d’un programme entièrement en français ?
C’est en grande partie le programme d’un disque qui doit sortir dans les mois à venir. J’ai toujours adoré chanter en français, surtout des mélodies. Quand l’envie m’est venue de faire ce disque, j’ai pensé aux Ariettes oubliées de Debussy, que j’aime et chante depuis longtemps, et j’ai développé l’idée d’un programme autour de Verlaine. Bien sûr, je connaissais Debussy, Fauré… , mais ce qui fut très gai, c’est de sortir de l’ombre des pièces de grande qualité. Quant au français, on y trouve une vraie difficulté, les nasales (« on », « an », « in »), qui ont tendance à fermer le son. Mais cela mis à part, l’approche du chant n’est pas différente d’une autre langue. Ce qui est primordial pour moi, c’est de dire le texte le mieux possible.

Comment sont venues dans le programme les pièces de Bernard Foccroulle et de Benoît Mernier ?
J’avais, pour le disque avec Verlaine en fil rouge, des pièces très connues (Debussy, Fauré), d’autres moins chantées (Caplet, Lacroix). J’ai songé y inclure des pièces contemporaines et j’ai immédiatement pensé à Bernard Foccroulle, qui a tenu une place tellement importante pour moi à mes débuts. C’est lui qui m’a fait commencer à la Monnaie. Parmi les tous premiers, il m’a fait confiance et m’a soutenue. C’était donc pour moi une évidence que je le sollicite pour ces pièces. Quant à Benoît Mernier, j’avais déjà collaboré avec lui (Un hémisphère dans une chevelure, d’après Baudelaire, en 2009). J’aime sa manière d’écrire pour la voix.

Chanter en Belgique, est-ce un défi ?
Par rapport à d’autres pays, je ne vois pas de grande différence. Il est vrai que j’ai eu la chance d’être soutenue par la Monnaie dès mes débuts. Ma réputation nationale et internationale en a bénéficié, ce qui fut une aide extrêmement précieuse. Et chance encore plus grande, j’ai été invitée par Bernard Foccroulle à chanter des rôles qui correspondaient parfaitement à ma voix, ce qui m’a permis de grandir et de mûrir de manière naturelle, sans forcer. Je me souviens particulièrement de la production de Die Zauberflöte, dirigée par René Jacobs. Dans la quinzaine qui a suivi, mon agent recevait quantité de demandes de l’étranger, d’Allemagne mais surtout de France. Et pour le travail musical et vocal, je ne remercierai jamais assez René Jacobs.

Comment ressentez-vous votre collaboration avec Cédric Tiberghien ?
Il y a un an ou deux, nous avions donné ensemble quelques récitals. J’ai immédiatement apprécié Cédric, pour sa grande générosité, et surtout pour son naturel ; c’est un artiste sans artifice. Entre nous, quand nous préparons un récital, les choses se passent simplement. Sans trop parler, nous nous comprenons et la musique se met en place. Il faut dire que sa grande pratique de la musique de chambre nous sert beaucoup. Le programme du disque lui a tout de suite parlé, ce sont des musiques qu’il aime et comprend spontanément. Il est enthousiaste et me parle même déjà d’un prochain disque !

Pouvez-vous nous parler de vos projets pour les mois et années à venir ?
Outre ce disque « Verlaine », qui sort prochainement, je viens aussi d’enregistrer la Finta Giardiniera, où je chante le rôle de Sandrina sous la direction de René Jacobs. Après cela, Cédric et moi serons en récital à Montréal (23 janvier), à l’Opéra Bastille (8 février), au Wigmore Hall (19 février) et à la Philharmonie de Berlin (26 mars) avec le programme Verlaine. Je reviens encore à la Monnaie en avril, pour Orlando, toujours avec René Jacobs. En été, je serai à Glyndebourne pour chanter Susanna dans les Nozze di Figaro. À l’automne prochain, je chante Médée de Charpentier au Théâtre des Champs Elysées à Paris et aussi à Lille. Et enfin, il y aura Radamisto de Haendel au Theater an der Wien, pour les fêtes de fin d’année 2012, encore une fois avec René Jacobs.

Quelle place occupe le récital dans votre vie d’artiste ?
Quand on parle à nos agents de récitals, ils nous disent que c’est parfois difficile à dénicher et à programmer. Cela attire peut-être un peu moins le public que l’opéra. Et pourtant, pour moi, il existe un équilibre complémentaire entre le récital, l’opéra et l’oratorio. À l’opéra, on travaille plus dans la grandeur. Le récital permet de faire des choses plus intimes, d’être encore plus proche du public, d’aller dans d’autres détails. Et je peux vous dire que ce sera pour moi une grande émotion de venir sur la scène de la Monnaie pour ce récital de janvier : cela me ramène en quelque sorte à mes débuts.

Propos recueillis par Benoît Jacquemin

article - 18.11.2011

 

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