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LA MONNAIE DE MUNT

Le jappement de chiens, le crépitement des flammes d’un bûcher, mais aussi un son éthéré qui flotte entre le terrestre et le céleste... Les ondes Martenot jouent différents rôles dans la partition de Jeanne d’Arc au bûcher. Créé par l’inventeur et musicien Maurice Martenot, cet instrument n’est pas un invité ordinaire au sein d’un orchestre symphonique. Nous allons donc laisser l’« ondiste » Philippe Arrieus le présenter dans cette vidéo :

C’est en 1928 que Maurice Martenot présente sa nouvelle invention : l’un des tous premiers instruments électroniques du XXe siècle. Opérateur radio français pendant la Première Guerre mondiale, il avait remarqué comme des « hululements sinusoïdaux » qui perturbaient souvent les fréquences radio : des sons provoqués lorsque les ondes de deux oscillateurs – des circuits électroniques générant un signal périodique – se chevauchaient.

C’est ce processus que Martenot a imité dans son nouvel instrument. À cet égard, on peut considérer les ondes Martenot comme le précurseur du synthétiseur contemporain, puisqu’il s’agit également pour le musicien de manipuler plusieurs oscillateurs afin de produire un son. À l’origine, les ondes Martenot se jouaient uniquement à l’aide d’un anneau sur un cordon, une technique de jeu permettant de créer des nuances particulièrement fines, facilitant par exemple le vibrato. En dépit de l’ajout ultérieur d’un clavier, Martenot, lui-même violoncelliste, considérait principalement son invention comme un instrument électronique à cordes.

Contrairement à de nombreux autres instruments électroniques créés à cette période, les ondes Martenot se sont solidement ancrées dans le répertoire musical, notamment grâce au compositeur Olivier Messiaen qui les a utilisées à maintes reprises dans ses œuvres. Yvonne Loriod – l’épouse de ce dernier – et sa sœur cadette Jeanne ont également joué un rôle important dans la popularité de l’instrument. Au cours de sa vie et de sa carrière, Jeanne Loriod est presque devenue synonyme d’ondes Martenot, comme a pu le constater le public bruxellois de la Monnaie en 1952 lors d’une production de… Jeanne d’Arc au bûcher.

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