Maison d’opéra fédérale au sein de la capitale de l’Europe

La Monnaie / De Munt

© BUhlig

Mitridate, Re di Ponto

Wolfgang Amadeus Mozart
Crée en 2016

Mise en scène
Jean-Philippe Clarac & Olivier Deloeuil > Le Lab

Décors
Martin Rick

Direction musicale
Christophe Rousset

Informations de production

 

Note dintention de mise en scène

Jean-Philippe Clarac & Olivier Deloeuil

Tout autour de nous, des drapeaux.

27, 28, 29 peut-être… Les étendards des États membres de l’Union européenne, devenus à Bruxelles si quotidiens que nous ne les remarquons presque plus… Combien sommes-« nous » d’ailleurs, et qui sommes-« nous » exactement, spectateurs-citoyens ici rassemblés pour une cérémonie musicale, au cœur même de la capitale de l’Union ?

Tendons l’oreille vers la forme d’art lyrique la plus profondément européenne, l’opera seria. Observons le jeu subtil de la dramaturgie mozartienne, extraordinaire machine à construire, depuis bientôt trois siècles, un imaginaire pour le temps présent. Un jeu de rythmes et d’émotions, un agencement formel de codes grâce auxquels l’action publique et les passions privées s’influencent constamment, dans la vie politique et les dynasties familiales aujourd’hui au pouvoir, comme chez ceux que l’on nommait autrefois les « puissants ».

Mitridate et ses deux fils rivaux, la Grecque Aspasia et les leaders romains nous parlent de loin, mais ils nous parlent de nous. Les efforts antiques du Roi du Pont contre la domination romaine en Méditerranée ne sont en effet pas sans rappeler les efforts récents de certains leaders européens pour essayer de changer les règles de l’Union. Tout comme les 24 heures de la tragédie de Racine trouvent un équivalent dans les intenses sommets de crise, si fréquents à Bruxelles, au cours desquels discussions bilatérales feutrées et fracassantes déclarations à la presse scandent le rythme des négociations.

Mitridate, une cérémonie politico-musicale pour « nous » tous. Une mise en jeu des dysfonctionnements de l’Union européenne, de ses blocages, et de son possible devenir. Parce que, aujourd’hui plus que jamais, notre génération doit s’emparer du rêve européen. Parce que nous devons désormais hisser haut sur les scènes l’étendard de la question européenne, pour mieux tirer les leçons de ses échecs et assurer son avenir.

Un jeu d’étendards, donc.

27, 28, 29 peut-être… pour ne pas laisser en berne le drapeau de l’imagination.

CONTACT

Pour plus d’informations sur les productions ou les accès aux streamings complets, veuillez contacter : 

Ekaterina Przhigodzkaya
Coproductions, ventes et locations
e.przhigodzkaya@lamonnaie.be

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